Gray, sous-préfecture de Haute-Saône, s’étend dans la plaine alluviale de la Saône entre Besançon et Vesoul. C’est ici, à quelques kilomètres de la ville, que Jean-Paul Mervelet a posé ses outils de maraîcher en 1994, après avoir repris une exploitation familiale que son père avait commencé à convertir à l’agriculture raisonnée. Quatre hectares de terres lourdes, limoneuses, bien arrosées par la nappe alluviale de la Saône — en théorie, un terrain idéal pour le maraîchage. En pratique, un terrain soumis à tous les caprices d’un climat continental de plaine, avec ses gels tardifs assassins, ses canicules de plus en plus intenses et ses sécheresses estivales qui mettent à rude épreuve les nappes phréatiques.

Certifié Agriculture Biologique depuis 2002, Jean-Paul Mervelet fournit 3 AMAP (Associations pour le Maintien d’une Agriculture Paysanne) et deux marchés hebdomadaires à Gray et Vesoul. Il s’est aussi engagé dans une démarche de jardinage durable auprès des familles de sa région, un projet qu’il relie volontiers aux enjeux du jardinage durable et de l’alimentation locale en famille. Ce matin de juin, il accepte de nous parler de son rapport quotidien à la météo.

Portrait de Jean-Paul Mervelet, maraîcher bio, dans ses serres à Gray en Haute-Saône
Jean-Paul Mervelet

Maraîcher bio à Gray (Haute-Saône) depuis 1994. 4 hectares certifiés Agriculture Biologique depuis 2002. Fournisseur de 3 AMAP et 2 marchés hebdomadaires. Spécialité : légumes de saison, pommes de terre, cucurbitacées. Formateur en maraîchage biologique à la chambre d'agriculture de Haute-Saône depuis 2018.

Présentation de Jean-Paul et son exploitation à Gray

Antoine Roche : Jean-Paul, vous maraîchez à Gray depuis 22 ans. Décrivez-nous votre exploitation et la place qu'y occupe la météo dans votre quotidien.
Jean-Paul Mervelet : J'ai quatre hectares dont environ 2 500 m² sous abri — serres froides non chauffées, tunnels en plastique, châssis froids. Le reste est en plein champ. On produit une quarantaine de variétés différentes selon les saisons : des tomates, courgettes, haricots verts, carottes, betteraves, salades, épinards, choux divers, courges — bref, le classique d'un maraîcher de plaine.

La météo, c’est ma première pensée le matin et ma dernière la nuit. Je regarde les prévisions à 5 heures du matin, avant de me lever — pas par angoisse, mais parce que ça détermine mon organisation de la journée. Si une gelée est annoncée pour la nuit suivante et que j’ai des plants fragiles dehors, je dois tout rentrer dans l’après-midi. Si une canicule s’installe pour 5 jours, je dois mettre en place une rotation d’irrigation de nuit. Si des orages sont prévus, certains travaux doivent être faits avant, d’autres après.

Ce qui est particulier à la Haute-Saône, c’est la variabilité micro-climatique. Gray se situe dans la plaine alluviale de la Saône, à 215 mètres d’altitude, et cette position de fond de vallée crée des conditions bien particulières : les gels sont plus fréquents que dans les collines environnantes (l’air froid s’accumule en fond de plaine), les brouillards sont denses et persistants en automne, et les températures estivales peuvent être supérieures de 2 à 3 °C à celles de Vesoul, 30 km plus au nord et 30 mètres plus haut. Ce microclimat, je le connais maintenant par cœur, mais il m’a fallu 5 ans pour vraiment le comprendre.

La météo de Haute-Saône et le calendrier de culture

A.R. : Comment la météo spécifique de la Haute-Saône influence-t-elle votre calendrier de culture par rapport à d'autres régions maraîchères ?
J.-P. M. : La Haute-Saône a un calendrier agricole décalé de 2 à 3 semaines par rapport aux régions méridionales et d'une semaine environ par rapport au Val de Loire. Notre saison sans gel démarre généralement dans la première quinzaine de mai — rarement avant. Ce qui signifie que mes premières plantations en plein air de tomates, courgettes et haricots interviennent vers le 15-20 mai, une fois les Saints de Glace passés.

Cette contrainte a des conséquences directes sur ma gamme. Je ne peux pas concurrencer les producteurs du Sud sur les primeurs — je n’aurai jamais des tomates en mai. Mon positionnement, c’est plutôt la qualité, la diversité variétale et la fraîcheur : les légumes récoltés le matin même pour les marchés du soir, les variétés anciennes et goûteuses que les grandes surfaces ne proposent pas. Le calendrier contraint peut devenir un avantage compétitif si on l’accepte et qu’on joue sa saison.

La météo de Vesoul, que je consulte régulièrement pour ses données pluviométriques, est une bonne référence pour la Haute-Saône centrale. Mais je sais qu’à Gray, dans la plaine de la Saône, les gelées tardives sont plus fréquentes et les sécheresses estivales plus prononcées qu’à Vesoul, plus exposé aux influences atlantiques modérées venant du nord-ouest. C’est la topographie qui crée ces différences : la plaine de la Saône est un piège à froid en hiver et un four en été.

Les gels tardifs : anticipation et protection

A.R. : Les gels tardifs sont la hantise des maraîchers. Comment les anticipez-vous et quelles protections mettez-vous en place ?

Les microclimats locaux qui influencent chaque exploitation sont documentés dans notre dossier sur les microclimats de Franche-Comté.

J.-P. M. : La gelée tardive, c'est mon ennemi numéro un de mai. En 22 ans, j'ai vécu des gels en mai 14 fois — soit dans plus de 60 % des saisons. Certaines années, les gels se sont produits après une période de chaleur printanière précoce, ce qui est particulièrement dévastateur : les plants, déjà bien développés, n'ont aucune résistance au gel.

Mon protocole de surveillance est rodé. Dès le 1er avril, je consulte les températures minimales prévues deux fois par jour. Je suis un abonné fidèle de la prévision à 5 jours de Météo-France et de l’application Open-Meteo, qui intègre plusieurs modèles et me donne une fourchette d’incertitude. Quand les prévisions annoncent des minimales entre 0 et 3 °C, je considère que le risque de gel au sol est réel — dans la plaine de la Saône, le gel au sol peut survenir quand la température de l’air est encore à +2 °C en raison du rayonnement nocturne intense.

Mes protections : d’abord, les serres et tunnels pour tout ce qui peut y trouver place. Ensuite, les voiles d’hivernage sur les plants de plein air les plus sensibles — tomates, poivrons, courgettes, haricots. Un voile double épaisseur gagne environ 2 °C, ce qui suffit pour passer la plupart des gelées légères. Pour les gels sévères (-3 °C et en dessous), pas de miracle : soit on rentre les plants, soit on perd la mise. C’est pour ça que je ne plante jamais toute ma surface en une fois — j’échelonne sur 4 à 6 semaines, ce qui me donne des marges si l’une de mes vagues de plantation est touchée par le gel.

Serres de maraîchage bio à Gray, en Haute-Saône, avec plants de tomates en croissance au printemps

La canicule 2019 et 2022 : ce que Jean-Paul a vécu

A.R. : Les canicules de 2019 et 2022 ont été historiques. Qu'est-ce que vous avez vécu sur votre exploitation ?
J.-P. M. : 2019, c'est le choc thermique. La semaine du 22 au 27 juillet a été absolument écrasante. À Gray, le thermomètre a atteint 40 °C le 25, ce qui n'était jamais arrivé. Mes courgettes, qui poussaient à vue d'œil dans les semaines précédentes, ont littéralement brûlé en 48 heures. Les feuilles se sont ratatinées, les fruits en cours de croissance ont grillé sur la plante. J'ai perdu 30 % de ma surface de courgettes et 20 % de mes haricots.

Ce qui m’a sauvé cette année-là, c’est mon système d’irrigation. J’ai un réseau de goutte-à-goutte sur toutes mes cultures de plein champ, alimenté par un forage à 12 mètres de profondeur. J’ai fait tourner l’irrigation 16 heures par jour pendant la semaine de canicule — bien au-delà de mes habitudes. J’ai aussi pratiqué des aspersions nocturnes sur mes serres entre 2h et 5h du matin pour faire descendre la température intérieure, qui pouvait atteindre 50 °C en journée. Ce sont des nuits courtes, mais c’est ce qui sauve les cultures.

Pour comprendre l’ampleur des canicules récentes, la canicule de juin 2026 en Franche-Comté illustre parfaitement cette progression. 2022, c’était différent : pas un pic brutal comme 2019, mais une chaleur soutenue et surtout une sécheresse prolongée qui a asséché mes ressources en eau. Mon forage est descendu à un niveau critique fin juillet. J’ai dû réduire mes arrosages d’urgence et sacrifier délibérément mes plants les moins avancés pour concentrer l’eau disponible sur ceux qui étaient proches de la récolte. C’est des décisions agricoles déchirantes — vous voyez vos plants dépérir et vous choisissez lesquels sauver.

Sécheresse et gestion de l’eau en agriculture bio

A.R. : La sécheresse est devenue une préoccupation centrale. Comment gérez-vous l'eau en agriculture bio, sans pouvoir utiliser certains produits phytosanitaires de synthèse ?
J.-P. M. : L'agriculture bio et la gestion de la sécheresse, c'est une combinaison difficile mais pas impossible. Les techniques biologiques de préservation de l'eau sont en fait très efficaces — peut-être plus que beaucoup de pratiques conventionnelles. Le paillage organique — paille, foin, broyat de bois — réduit l'évaporation du sol de 30 à 50 %, ce qui peut faire la différence entre une culture qui résiste à une semaine de canicule et une qui s'effondre.

Les matières organiques que j’épands chaque automne — compost de déchets verts, fumier composté, marc de raisin de la coopérative locale — améliorent la capacité de rétention en eau de mes limons lourds. Un sol riche en humus peut stocker deux à trois fois plus d’eau qu’un sol pauvre et compacté. C’est un investissement à long terme — les effets sont mesurables au bout de 5 à 10 ans — mais sur mes parcelles les plus anciennes, je constate une résilience à la sécheresse nettement supérieure à mes nouvelles surfaces.

Ce qui me manque, c’est une retenue collinaire pour stocker les eaux pluviales d’hiver et les utiliser en été. C’est un investissement que j’ai envisagé mais qui représente 30 000 à 50 000 euros — trop pour une exploitation de ma taille sans aides publiques dédiées. Cette question de l’accès à l’eau en agriculture bio dans les zones de plaine comme la Haute-Saône est fondamentale pour les années à venir.

Le brouillard de Haute-Saône : ami ou ennemi ?

A.R. : La plaine de Haute-Saône est réputée pour ses brouillards automno-hivernaux. Quel impact sur votre exploitation ?
J.-P. M. : Le brouillard, c'est mon allié en automne et mon ennemi en hiver. En octobre et début novembre, le brouillard s'accompagne d'une douceur relative (5 à 12 °C) qui prolonge la saison légumière. Mes poireaux, choux frisés et betteraves résistent très bien, et les températures douces et humides permettent aussi à mes mâches et épinards semés en septembre de bien s'établir avant les froids.

Le problème commence quand le brouillard devient givrant, en novembre-décembre. Le givre dépose une couche de glace sur les feuilles des légumes les moins résistants — les salades frisées, les chicons, certaines laitues d’hiver. Un givrage soudain après une période douce peut faire des dégâts importants. J’ai appris à couvrir systématiquement mes laitues d’hiver avec des voiles d’hivernage dès la mi-novembre, quelle que soit la douceur apparente de la période.

L’autre effet du brouillard, moins visible, c’est son impact sur le développement fongique. L’humidité persistante favorise le mildiou, la botrytis (pourriture grise) et les pythiums. En conventionnel, on traiterait avec des fongicides de synthèse. En bio, nos leviers sont la ventilation (espacement des plants pour favoriser la circulation d’air), le choix de variétés résistantes, et l’application préventive de cuivre ou de soufre — dans les doses autorisées par le cahier des charges AB. C’est plus de travail mais ça fonctionne.

Les aléas météo 2025-2026 et l’évolution des pratiques

A.R. : Les saisons 2025 et 2026 ont-elles modifié vos pratiques de maraîchage ?
J.-P. M. : 2025 a été une année mixte : un printemps pluvieux et froid qui a décalé toutes mes plantations de 3 semaines, suivi d'un été correct — chaud mais pas caniculaire, avec des orages bien répartis qui ont limité les besoins en irrigation. Bilan correct, mais pas exceptionnel.

2026 démarre sur des bases plus inquiétantes. Le printemps a été capricieux — gel tardif en avril que j’évoquais tout à l’heure, puis un mai doux et venté. Les prévisions saisonnières laissent entrevoir un été potentiellement sec en Haute-Saône, ce qui me pousse à anticiper. J’ai déjà étendu mon système de paillage à deux nouvelles parcelles, et j’ai commandé 300 m² de toile d’ombrage supplémentaire pour protéger mes salades d’été si une canicule s’installe.

Ce qui change vraiment dans mes pratiques depuis 5 ans, c’est la sélection variétale. Je teste systématiquement des variétés issues de sélection participative pour la résistance à la sécheresse : des tomates à système racinaire profond, des carottes à maturation plus rapide pour passer entre les gels tardifs de mai et la sécheresse de juillet, des courges à peau épaisse qui résistent mieux aux chaleurs. Ces adaptations progressives sont la réponse la plus solide au changement climatique — plus que les équipements techniques, qui coûtent cher et consomment de l’énergie.

Cultures bio en plein champ à Gray : rangées de légumes avec paillage organique visible entre les plants

Conseils aux jardiniers amateurs pour lire la météo comme un maraîcher

A.R. : Un jardinier amateur qui veut apprendre à mieux anticiper la météo pour son potager — quel conseil lui donnez-vous ?
J.-P. M. :
  • Arrêter de regarder la météo nationale et s’intéresser à la météo locale. Une station météo personnelle, même basique (thermomètre min-max + pluviomètre), vous donnera en quelques semaines une connaissance de votre microclimat que dix ans de prévisions génériques ne peuvent pas offrir.
  • Respecter les Saints de Glace. En Haute-Saône, ne plantez jamais en plein air avant le 15-20 mai. Les serres et voiles d’hivernage permettent d’avancer de 3 à 4 semaines pour certaines cultures.
  • Reconnaître les signes qui précèdent une gelée. Les nuits claires, calmes et sans vent sont les plus dangereuses. Couvrez vos plants sensibles avant de vous coucher, pas le lendemain matin.
  • Observer son jardin, pas son téléphone. Les plantes et les animaux sont des indicateurs météo extraordinaires. Les abeilles qui rentrent à la ruche à 16h, c’est l’orage dans 3 heures. Les escargots qui sortent en masse, c’est la pluie dans 12 heures. Ces observations empiriques, accumulées sur des années, valent tous les modèles météorologiques du monde pour votre petit coin de terre.

Vision : l’agriculture bio est-elle mieux armée face au changement climatique ?

A.R. : Question de fond pour conclure : pensez-vous que l'agriculture biologique est mieux armée que l'agriculture conventionnelle pour faire face aux bouleversements climatiques à venir ?

Le rapport à la météo des autres acteurs agricoles franc-comtois est illustré par l’entretien avec Marie-Claire Pernot, apicultrice dans le Jura.

J.-P. M. : Oui, sur le fond, je le crois — mais pas pour les raisons qu'on imagine souvent. L'agriculture bio n'est pas meilleure parce qu'elle n'utilise pas de pesticides. Elle est potentiellement plus résiliente parce qu'elle s'appuie sur des systèmes vivants complexes plutôt que sur des intrants externes. Un sol bio riche en vie microbienne, en vers de terre, en champignons mycorhiziens est structurellement plus capable d'absorber les variations climatiques — il retient mieux l'eau, il résiste mieux aux périodes sèches, il se remet plus vite après un stress.

Cela dit, je ne veux pas idéaliser. Les maraîchers bio ont autant souffert de la sécheresse de 2022 que leurs voisins conventionnels — parce que la sécheresse frappe tout le monde indépendamment des pratiques. Nos avantages sont structurels et s’expriment sur le long terme, pas lors des crises aiguës. Un maraîcher bio qui n’a pas investi dans l’irrigation est tout aussi vulnérable qu’un autre en année sèche.

Ce qui me rend optimiste, c’est la capacité d’adaptation de la profession. Les maraîchers bio, par nature, sont des gens habitués à observer, à expérimenter, à changer leurs pratiques quand quelque chose ne fonctionne pas. Cette agilité — développer une variété de courgette plus résistante à la sécheresse, tester un nouveau système de couverture de sol, rejoindre un groupe d’agriculteurs pour partager les bons résultats — est notre meilleure arme face à un climat qui change plus vite que nos connaissances. Voir aussi notre guide sur le jardinage durable en famille qui présente ces approches adaptatives pour les jardiniers amateurs.

Idées reçues sur la météo et le maraîchage

Vrai ou faux : l’arrosage en plein soleil brûle les feuilles

FAUX dans le contexte d’une canicule intensive. L’idée qu’arroser en plein soleil brûle les feuilles par effet de loupe est un mythe persistant mais faux pour les arrosages au sol. En revanche, l’arrosage par aspersion en plein soleil est moins efficace car l’eau s’évapore avant de pénétrer le sol — mieux vaut arroser tôt le matin ou le soir. En cas de canicule extrême, l’arrosage en journée peut sauver des plants en choc thermique.

Vrai ou faux : la lune influence la pousse des légumes

PARTIELLEMENT VRAI. Les études scientifiques ne montrent pas d’effet clair et répétable de la lune sur les cultures. Mais le calendrier lunaire peut être utile comme outil d’organisation : il propose des fenêtres de semis et de plantation qui, même si leur justification lunaire est discutable, correspondent souvent à des créneaux météo favorables dans l’expérience des jardiniers.

Vrai ou faux : les engrais chimiques donnent des légumes plus beaux

VRAI à court terme pour l’aspect, mais FAUX pour la valeur nutritive et la résistance climatique. Les légumes bio, nourris par un sol vivant, développent des systèmes racinaires plus profonds qui leur permettent de mieux résister aux sécheresses. Leur teneur en micronutriments est souvent supérieure, même si leur aspect peut être moins uniforme.

Vrai ou faux : le semis en intérieur permet de contourner les gels tardifs

VRAI, mais attention à la reprise en pleine terre. Les plants élevés à l’intérieur ont besoin d’un “durcissement” progressif (phase de “trempe”) avant d’affronter l’extérieur — 7 à 10 jours à l’abri mais en conditions proches de l’extérieur. Un plant de tomate qui passe directement de 20 °C intérieur à une nuit à 5 °C risque un choc thermique sévère.

Vrai ou faux : la Haute-Saône n’est pas adaptée à la culture de tomates en plein air

FAUX. La plaine de Haute-Saône, avec ses 1 700 à 1 850 heures de soleil annuelles et ses étés chauds, est tout à fait adaptée à la tomate en plein air — à condition de respecter le calendrier (plantation après le 15-20 mai) et de choisir des variétés adaptées à la durée de saison locale (préférer des variétés mi-saison plutôt que tardives).

Les 3 choses à retenir

  • La connaissance fine du microclimat local vaut mieux que toutes les prévisions nationales : une station météo personnelle dans le jardin, même simple, est le meilleur investissement d’un maraîcher ou d’un jardinier en Haute-Saône.
  • Ne jamais planter en plein air avant le 20 mai en Haute-Saône : les Saints de Glace sont une réalité statistique dans la plaine de la Saône, pas un dicton dépassé.
  • La résilience climatique se construit dans le sol : l’enrichissement organique régulier, le paillage et la sélection variétale sont des investissements à long terme qui paient lors des sécheresses et des canicules. Pour les exploitations souhaitant aussi réduire leur facture énergétique, le guide panneaux solaires en Franche-Comté offre des pistes concrètes d’autoconsommation adaptées aux besoins agricoles.